Ganavé s’imposa sur le marché de tapioca en 1957

Comment Ganavé sauva le marché de Tapioca en 1952-1957?

Jusqu’en 1948, le Togo exportait seulement 2000 tonnes de tapioca – au plus, avec une qualité médiocre. A l’époque, les taxes imputées sur le tapioca du Togo était de 2000 francs français/tonne.
Entre 1949 et 1950 les champs du maïs (Afrique de l’ouest) avaient été sévèrement attaqués par la rouille du maïs, réduisant considérablement la production du maïs tout en augmentant la demande du gari et justement le terme nigérian « Eba » devenait la mode: « Dada madou kankikan ou maman je veux manger de la pâte élastique » et ceci à travers toute la région ouest africaine.
Mais, face à cette chute de production de tapioca surtout au Bénin, Côte d’Ivoire et au Ghana (les 3 pays produisaient 7.000 tonnes de tapioca), le Togo (et la partie togolaise du Ghana) offrait alors un grand potentiel du fait de la facilité avec laquelle les togolais du sud produisait du manioc (bonne pluviométrie et sol adapté pour le manioc). Cette crise devenait alors une belle opportunité pour le Togo avec la conquête des marchés américains et européens. C’est ainsi que le Togo était devenu un des fournisseurs les plus importants de taopioca à travers le monde. Toutefois, cette opportunité ne pouvait se concrétiser que la garantie d’une production suffisante et régulière avec l’aide d’une féculerie, production modernisée de l’amidon et du tapioca – hautement mécanisé comme le montre cette vidéo.

C’est dans ces conditions que l’usine ou la féculerie de Ganavé avait été implantée en 1952 avec une capacité de production de 16.000 tonnes pour 3.000 tonnes d’amidon. La féculerie avait opéré pour la première fois en 1953, seulement en produisant de l’amidon. En 1957, la féculerie de Ganavé a exporté 4.000 tonnes de tapioca.
La Compagnie du Bénin, qui avait implanté l’usine, était au fait la résultante de la fusion de 2 grandes sociétés françaises spécialisées dans la production de l’amidon. En cas de succès durable de la féculerie de Ganavé, la compagnie du Bénin avait prévu de construire 2 autres féculeries au sud du Togo.
Visionnaires? qu’ils étaient, les populations de Ganavé et environ avaient imposé les limites de production de tapioca sans limiter la fourniture de matière première qui est le manioc.
(A suivre)

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